Bové : décollera, décollera pas ?

Publié le par blog-politique

José Bové doit-il aller au bout ? En lançant sa campagne le 1er février à la Bourse du travail de Saint-Denis, le leader altermondialiste promettait deux choses : qu’il ne s'engageait pas dans une candidature de témoignage à 2 ou 3% ; qu’il ferait un point chaque semaine avec son équipe pour mesurer la dynamique créée (ou son absence).

 


Même lieu trois semaines plus tard : José Bové était de retour à Saint-Denis pour son deuxième meeting. Salle pleine, chaude ambiance, militants au rendez-vous. Mais avec quelques interrogations dans la tête. Force est de constater que le début de campagne est difficile. 1/ Aucune garantie sur les parrainages : on en a beaucoup parlé. Dans l’équipe de Bové, on reste optimiste, mais on n’affiche plus la certitude de rassembler les 500 signatures. Certes, la récolte de 330 parrainages en moins de trois semaines est encourageante (« d’autres ont mis des mois pour atteindre un tel niveau », souligne Bové lui-même). Mais les dernières sont évidemment les plus dures à décrocher. 2/ Pas d’embellie dans les sondages : le constat est sévère. L’objectif de doubler haut-la-main les autres candidats anti-libéraux est loin d’être atteint. Pire : de sondage en sondage, Bové se retrouve exactement au même niveau que ses rivaux de la gauche de la gauche, grosso modo autour de 2%. De fait, sa candidature, au lieu de rassembler, ajoute bien de la division.

 

Le risque dès lors devient celui du cannibalisme. Non seulement, les ex-alliés du non à la constitution se partagent les électeurs sans que personne n’en sorte gagnant. Mais en plus, ils se partagent aussi les signatures ! Le scénario d’un Bové à 450 signatures au soir du 16 mars (date limite du dépôt des parrainages au conseil constitutionnel) et d’un Besancenot à 480 n’a rien d’impossible. Faute d’union, les deux se seraient alors mutuellement éliminés de la course. « Et c’est vrai que ça serait stupide », admet-on chez Bové.

 

Mercredi soir à Saint-Denis, quelques militants ne cachaient pas leurs doutes. José Bové lui les balaie. Plus question de point hebdomadaire, pas question d’abandonner en cours de route. Le verdict, ce sera celui des urnes. Et l’ex-syndicaliste paysan d’asséner un argument qui se veut massue : « La dynamique, les militants la démontrent dans toutes les réunions. Et s’il avait fallu tenir compte des sondages en 2005, jamais nous n’aurions mené le combat contre la constitution européenne. La tendance ne s’est inversée que dans les derniers jours. »

 

Pas faux, sauf que José Bové omet un petit détail. Contre le traité constitutionnel, la gauche anti-libérale était unie. Aujourd’hui, malgré les « Tous ensemble ! » et « Unité ! Unité ! » rituels des meetings, elle en est loin. Au contraire. Et l’exemple de 2005 perd tout d’un coup beaucoup de sa pertinence.

 

Guillaume Deblé.

Publié dans blogpolitique

Commenter cet article

Félicien 03/04/2007 15:55

Bonjour

Il nous faudrait un juste milieu a défaut d'une alliance entre Nicolas Hulot et José Bové.

BERNIS 24/03/2007 10:14

non mais il faut etre realiste il y a certains candidat qui ne respecte pas la france en cse presentant au elections il faut interdit cela .

Philippe Lelong 03/03/2007 15:39

Question n°8 : qu'est-ce que la candidature de José Bové ? Jouez et votez !







Quand José Bové s'est impliqué dans l'aventure des collectifs antilibéraux, nous ne doutions pas que son apport serait essentiel pour construire des propositions fortes, novatrices, mobilisatrices et détaillées, à la mesure des enjeux énormes de l'agriculture, fondamentaux pour changer notre rapport au monde mais aussi (et plus trivialement) améliorer la santé publique.

Les collectifs ont travaillé plusieurs mois pour élaborer un document de 34 pages (!) réunissant 125 propositions. Dans ce document, les 11 lignes (!) consacrées aux cinq propositions sur l'agriculture sont précédées de l'introduction suivante :

"L’agriculture (en l’état cette partie a été jugée trop insuffisante pour être amendée. Un groupe de travail sera mis en place rapidement afin de proposer une nouvelle mouture. Les points indiqués ci-dessous le sont pour mémoire.)"

Mais il est venu faire quoi dans les collectifs, José Bové ? J'ai peur de comprendre...

A part ça, sur les 15 engagements mis en avant dans le programme de la gauche populaire et antilibérale défendu par Marie-George Buffet, l'un s'intitule "placer l'écologie au coeur du développement" (2 pages), l'autre "agriculture, souveraineté et sécurité alimentaire" (2 pages encore...). Et dans le troisième chapitre d'exposé global du programme, il y a encore toute une partie sur la protection de l'environnement (page 58), et une autre sur le développement agricole et alimentaire (page 61).

Mais que valent ces propositions face à de gauloises moustaches et à d'irrépressibles picotements ?...

http://alter-politique.blogs.com



Raina 24/02/2007 20:19

Les françaises et les français attendent de nouveaux venus quel que soit le clivage politique, c'est une évidence.

Ils attendent de nouveaux venus parce que les anciens n'ont pas su, ou plutôt, n'ont plus su faire preuve de résultats ; parce qu'ils ont eu le pouvoir durant un temps certain, qu'ils l'ont assurément servi, puis ont fait en sorte de s'y installer, et de s'entendre pour le conserver.

Les hommes politiques sont faillibles... Les dérives arrivent chaque fois que les mandats se cumulent, s'éternisent, et que le système naturellement se clientélise plutôt qu'il ne se modernise.

Les électeurs de ce pays réclament à juste titre une nouvelle politique, un système plus adapté, et donc moins "intéressé" en quelque sorte par l'idée d'installation dans une fonction à vie... Dès lors qu'on entre en politique, les intérêts du pays et de la collectivité doivent primer sur les ambitions personelles.

Quel politique aujourd'hui peut s'enorgueillir d'avoir réussi sa carrière avec une telle dette économique laissée en héritage à tous les français ?

Les électeurs appellent à la naissance d'une VIème République qui, sans tambours ni trompettes, sera en mesure de faire avancer économiquement leur pays sans jamais laisser sur le carreau les plus démunis et les plus faibles. Parce qu'une République digne de ce nom, c'est un système qui fait en sorte de n'oublier personne avant de se servir lui-même.

Doit-on faire de la politique un métier à part entière ou une vocation rémunérée pour un temps, et un temps seulement, avant de repartir dans la "vraie" vie ?

Pour prétendre conduire un pays, il faut ne jamais avoir perdu le sens des réalités.

Steve LOEMBA 23/02/2007 21:38

Les petits candidats ont l'avantage dans une campagne présidentielle de booster les présidentiables, ils les poussent à toujours se depasser, se surpasser pour faire la différence.Je pense que José Bové doit avoir ses parrainnages sinon on fera de lui, un isolé et ce n'est pas digne d'une grande démocratie comme la France.

Je propose également dans mon blog,des sujets d'actualités et je vous invite à y participer afin d'enrichir le debat politique.Merci

http://steveloemba.unblog.fr/