Sarkozy à droite toute : une stratégie risquée

Publié le par blog-politique

Nicolas Sarkozy a beau s’en défendre encore ce matin dans les colonnes du Figaro (« ce n’est pas de la droitisation quand on parle de la France », « je n’ai rien proposé d’autre que des choses parfaitement raisonnables »), la droitisation de sa campagne est non seulement un phénomène difficilement contestable, mais surtout une stratégie totalement assuméeLes exemples ne manquent pas : ministère de l’identité nationale, thématique sécuritaire martelée après les affrontements de la gare du Nord, propos polémiques sur l’origine génétique de la pédophilie, clins d’œil appuyés aux électeurs du Front national, jusqu’à l’exaltation des valeurs chrétiennes dans ces derniers jours de campagne… L’ouverture au centre, les cris du cœur sur le thème « j’ai changé » sont oubliés, les références à Blum et Jaurès passent à l'arrière-plan et tout cela ne doit rien au hasard.

 

 

Mais cette stratégie de « droite décomplexée », fondée sur l’analyse d’un glissement à droite de la société française, est risquée. Dans la perspective du premier tour, l’objectif est de récupérer une partie des voix de Jean-Marie Le Pen. Sauf que l’expérience a prouvé que la banalisation des propositions du Front national avait surtout pour conséquence de renforcer ce dernier. Or, si Jean-Marie Le Pen monte, ce serait logiquement au détriment de Nicolas Sarkozy. Au point de menacer l’accession de ce dernier au second tour ? Une hypothèse envisagée et redoutée par certains au sein-même de la droite. Premier risque (en n’oubliant pas, à l’inverse, qu’un Jean-Marie Le Pen haut au premier tour peut aussi assurer de bons reports de voix au deuxième).

 

Deuxième risque : Nicolas Sarkozy qui était déjà perçu comme inquiétant par une partie de la population après ses années passées place Beauvau ne fait qu’accentuer cette antipathie (qui confine pour certains à de l’allergie). En témoigne la multiplication des articles de presse sur ce thème, avec une tonalité jusqu’à présent réservée au candidat de l’extrême-droite. Ou encore, les graffitis injurieux et rageurs qui se concentrent sur sa personne sur les panneaux électoraux, au point d’inquiéter jusqu’au siège de l’UMP. Dangereux dans la perspective d’un deuxième tour où il s’agira de rassembler largement. Comment récupérer les voix au centre, chez ceux que toute connivence ou apparence de connivence avec l’extrême-droite rebute ? Le « Tout-sauf-Sarkozy », savamment entretenu par son adversaire quel qu’il soit, devrait marcher à plein, et l’élection prendre la forme d’un quasi-référendum sur sa personne : d’un côté, les partisans de Nicolas Sarkozy ; de l’autre, tous les autres, qui n’en voudraient pour rien au monde à l'Elysée.

 

Mais le risque le plus important induit par cette stratégie droitière du candidat de l’UMP, c’est s’il est élu qu’il se manifestera : celui de ne pas être suffisamment fédérateur. Un président doit rassembler, s’adresser à tous les Français, gouverner pour tous. Or Nicolas Sarkozy suscite on le constate une opposition quasi-viscérale chez certains et ne cesse de monter des pans de la population contre lui : gauche associative qui prend la défense des sans-papiers, jeunes des banlieue, une partie des musulmans, une partie du monde syndical… comment dans ces conditions, une fois au pouvoir, gouverner et réformer avec sérénité, surtout quand on veut réformer en profondeur ? En cas d’accession à l’Elysée et pour y réussir, Nicolas Sarkozy devrait donc à nouveau « changer » ; et surtout convaincre les Français que cette fois, c’est pour de vrai.

 

 

Guillaume Deblé

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charles 19/04/2007 12:53

Je ne m'attarderai pas sur les arguments de haute volée de Maurice PELLOUX-PRAYER. Les petits soldats de la lutte anti-sarkoziste nous avaient déjà habitués à pas mal d'arguments aussi ineptes que puériles mais là, avec Maurice PELLOUX-PRAYER, on franchit un nouveau palier. Prétendre qu'il ne faut pas voter pour Sarko sous prétexte qu'il a eu des difficultés conjugales passagères, franchement,  on est dans le sublime, dans le chef d'oeuvre de la couillonnerie ordinaire propre à la gauche française en période électorale...Je voudrais également répondre plusieurs choses à Laurence, qui mèle sa prose au flot habituel de calomnies à l'encontre de Sarko.Vous avez eu la bonne idée de préférer le terme de "national-socialisme" à celui beaucoup moins évocateur de "nazisme"; vous avez été en cela très bien inspirée car le nazisme était effectivement un socialisme, c'est-à-dire une doctrine idéologique prétendant régenter l'ensemble des relations sociales unissant les individus entre eux (par la loi, par le règlement,...bref, par la contrainte), une idéologie par conséquent intrinsèquement contraire à la doctrine libérale. Comme tous les régimes socialistes au sens strict (c'est-à-dire ceux qui ont poussé la doctrine socialiste jusqu'à son "idéal"), le nazisme était par essence anti-humaniste (car ignorant de la liberté et des aspirations individuelles des citoyens) et il a donc engendré son lot d'abominations, de terreur, de morts... Il faudrait rédiger un essai entier pour décortiquer les rouages qui mènent inéluctablement les régimes socialistes (nazisme comme communisme) à l'abjection et la barbarie (pour résumer de façon un peu grossière, c'est la notion d'égalitarisme, négation suprême de l'humanisme, qui porte en elle les germes des massacres à venir. La spécificité du nazisme étant que le caractère national du socialisme a conduit à désigner des boucs-émissaires sur des critères communautaires alors que le socialisme des régimes communistes a désigné des boucs-émissaires sur des critères sociaux)... Tout ceci pour vous dire que la première condition pour être immunisé contre le totalitarisme, c'est d'être viscéralement attaché à la notion d'initiative individuelle, de liberté et de responsabilité individuelles et de s'opposer fermement à l'égalitarisme pour lui substituer la notion d'équité ou d'égalité des chances. A cet égard, Sarko fait déjà partie de la minorité de candidats qui offre très clairement cette garantie démocratique (Les candidats d'extrême-gauche sont d'ores et déjà éliminés; le Front National et l'aile gauche du PS sont en ballotage).La deuxième condition nécessaire pour être immunisé contre les dérives totalitaires, j'ai déjà eu l'occasion de développer cet aspect sur le blog de Pierre-Luc Séguillon, c'est d'inscrire son action dans la connaissance et le respect de l'identité nationale et culturelle du pays. Je ne vais pas à nouveau développer ce sujet mais juste rappeler que les idéologies totalitaires ne prospèrent que dans des pays ayant perdu leur identité, leur culture et ayant donc perdu le recul et la conscience qui les prémunissent  d'un régime qui voudrait imposer  une "société nouvelle" et  un "homme nouveau". Ce sont exclusivement des hommes cultivés et imprégnés de la culture humaniste occidentale qui, au sein même du régime nazi, ont compris la folie meurtrière et nihiliste d'Hitler. Ils ont cherché à éliminer ce même Hitler au péril de leur vie et lui ont fait échec dans sa volonté de raser de grandes villes historiques françaises. Ces hommes, au coeur même de l'Enfer, ont contribué au système immunitaire de la culture humaniste forgée en Europe au cours des siècles car ils en étaient eux-mêmes imprégnés.Là encore, Sarko est pratiquement le seul à avoir pris la mesure de cette exigence humaniste que sont la défense et le respect de l'identité nationale face aux fanatismes et autres idéologies nauséabondes. De ce point de vue là, les socialistes sont désormais tous éliminés et Bayrou est en ballotage; leur inaptitude à comprendre que la culture humaniste séculaire de la France est le rempart le plus efficace face aux fanatismes les conduit à créer les conditions du pire.Voyez-vous, chère Laurence, la philosophie politique de Sarko est structurellement, fondamentalement, viscéralement opposée aux dérives autoritaires et dictatoriales.L'idée que c'est la fermeté d'un ministre de l'Intérieur qui fait de quelqu'un une graine de dictateur, cela prête à sourire avec indulgence quand cela sort de la bouche d'un gamin de 10ans mais cela devient consternant quand cela sort de la bouche d'un adulte en âge de voter.J'ouvre une dernière parenthèse pour vous indiquer que l'acteur Vincent Lindon, qui soutient M. Bayrou, est bourré de tics nerveux mais je ne pense pas que cela en fasse un mauvais bougre pour autant...

Laurence 19/04/2007 02:17

1ère chose, anodine celle -ci :- "un quasi-référendum sur sa personne" cela s'appelle me semble-t-il un "plébiscite"2ème chose, beaucoup plus sérieuse celle-là :- Lucien écrit "au moment de la création de l'UMP (Union pour un mouvement "populaire") = un regroupement historique de la droite et du centre-droit."  N'en déplaise à Jean-Louis cela (entre autres choses, homme petit bourré de tics nerveux se contrôlant difficilement par exemple mais ...ne nous fions pas aux apparences) m'a rappelé  la naissance d'un certain grand parti de l'Allemagne des années 1930 (et oui, c'était au siècle dernier) sous le nom "équivoque" de "National-socialisme".Si on appelle ça des arguments en-dessous de la ceinture (bien que je ne vois pas bien le rapport entre l'argument et l'endroit où on veut le placer), j'espère que nous n'aurons pas l'occasion de vérifier que cet argument est le fruit de l'expérience historique.

Maurice PELLOUX-PRAYER 19/04/2007 00:33

 Quand on est candidat à la présidence de la République et qu'on se réclame du général de Gaulle pour agrémenter son CV, il ne faut pas prêter le flanc à la critique dans sa vie privée. Le très médiatisé candidat de l'UMP, à trop vouloir se montrer, et être vu, dans tous les magazines a fini par se brûler les ailes. En effet, comment oublier ses mésaventures quand, ministre de l'Intérieur, il tournait comme un lion en cage en attendant le retour de madame qui s'était fait la belle avec un saltimbanque... Alors que cela fasse rire les Français s'ils ont encore le coeur à ça, c'est leur affaire; mais que la France soit la risée du Monde à cause de son président, nous n'avons pas besoin de ça.

 

Lucien 18/04/2007 22:43

Bayrou cherche à nous faire qcroire u'il faut changer les mentalités et travailler main dans main droite/gauche; collaborer plutôt que diviser. Or je rappelle qu'au moment de la création de l'UMP il avait cette formidable opportunité de participer à un regroupement historique de la droite et du centre-droit. il a refusé la main tendue considérant qu'il était indispensable qu'il susbsite 2 parties pour apporter un débat contradictoire.Quel gachis alors qu'il aurait pu contribuer à reconstruire le pays après les années miterrandiennes, il a préféré faire bande à part pour conserver un espace politique afin de satisfaire ses ambitions personnelles.Aujourd'hui il propose des idées qu'il a combattu alors !En fait la montée de Bayrou est concommittante à la chute de Royal amplifiée par les médias qui l'ont soutenu.Je pense que Bayrou ne représente pas un avenir pour la France n'ayant pas de majorité dévoué il sera obligé de sesoumettre à un courant dominant sans de doute de gauche.Compte à S. Royal je pense qu'elle n'a ni les tripes ni les compétences pour entreprendre les mesures nécessaires au redressement de notre pays.Je me considère plutôt social -démocrate mais aujourd'hui je pense qu'on a besoin d'un homme fort pour relancer le pays et éradiquer les maux endémiques qui nous accablent.

jean louis 18/04/2007 20:07

Votre commentaire sur la stratégie de sarkozy, incertaine certes, est intéressant : il y a là une stratégie risquée, car il devra rassembler de toutes façons, en vue du second tour.

hormis cela, la réaction ci dessous de luce est complètement disproportionnée, et hors de propos, en termes de comparaison ; comparer l'allemagne des années 30 (sous entendu par vous), et la France de 2007, n'est pas pertinent, pas utile, et parait bien dans la ligne de ceux qui n'ont aucun argument sérieux. Vous avez  bien sur le droit d'etre pour FB,  contre NS, mais il faut avancer des arguments au-dessus de la ceinture, et non pas "en dessous".