Crise de nerf de la guerre

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Devinette de rentrée : quel est le point commun entre le Front national  et le Nouveau centre (le parti de centre-droit issu de la scission de l’UDF présidé par le ministre de la Défense Hervé Morin ) ? Réponse : une situation financière pas très reluisante, voire franchement compliquée, qui risque d’avoir de sérieuses conséquences sur l’avenir proche de ces deux formations.

 

La crise que traverse le FN depuis son échec retentissant aux législatives (le scrutin-clé pour ce qui est du financement public) a constitué l’essentiel du menu de la conférence de presse de rentrée de Jean-Marie Le Pen. En juin, les 2/3 des candidats frontistes n’ont pas atteint 5%, le seuil ouvrant droit à remboursement. Résultat : entre 9 et 10 millions de dettes ! Sachant que la subvention proportionnelle aux résultats va elle diminuer de plus de moitié (de 3,5 millions à 1,5 million d'euros par an)… et que la souscription lancée auprès des militants n’a pour le moment rapporté que quelques centaines de milliers d’euros, les restrictions s’annoncent drastiques dans les prochains mois.

Première conséquence : la moitié environ des 49 salariés du parti devrait être rapidement licenciés ; la fête Bleu Blanc Rouge de cette année a d’ores-et-déjà été annulée ; la location d’une partie du « Paquebot » (le siège du FN à Saint-Cloud) est toujours envisagée… La direction du parti a même décidé de lancer un audit sur sa situation. Jean-Marie Le Pen lui-même juge la situation préoccupante, même s’il se montre comme à son habitude bravache et assure que « ceux qui ont prétendu éradiquer le FN en seront pour leurs frais », prédisant une forte déception des électeurs de Nicolas Sarkozy.

 

Problèmes d’argent également, aussi cruciaux quoique différents, pour le Nouveau Centre. L’équation est simple : avec moins de 50 candidats dûment inscrits sous l’étiquette PSLE (l’appellation officielle du Nouveau Centre ) à plus de 1% aux législatives, la formation n’a tout simplement droit à… aucun financement public ! « Tous nos candidats ne se sont pas inscrits sous la bonne étiquette », explique Hervé Morin, qui met en cause une mauvaise information des préfectures par le Ministère de l'Intérieur. Et promet de se battre pour obtenir satisfaction, en demandant une réforme du financement politique. Des négociations sont par ailleurs en cours avec la place Beauvau… Problème : le Nouveau Centre ne veut surtout pas apparaître dépendant de l’UMP. Mais d’une manière ou d’une autre, son avenir semble bien devoir en passer par la bienveillance du pouvoir.

 

En attendant, le jeune parti a été contraint d’ouvrir une ligne de trésorerie à la banque pour lancer sa grande campagne de recrutement d’adhérents (objectif : 25.000, pour 4000 demandes aujourd’hui - pour comparaison, le Modem en revendique près de 50.000) et d’élus locaux (les anciens UDF sont ciblés). Signe de confiance (y aurait-il eu des garanties ?), le Nouveau Centre , pour le moment SDF, va inaugurer son siège de campagne dans les jours qui viennent : 140 m2 pour 6000 euros par mois, au 84 rue de Grenelle, au cœur du quartier des ministère. Pour l’anecdote, c’est à cette adresse qu’Edouard Balladur avait installé son QG pour la présidentielle de 1995 ; pas forcément de très bon augure !

 

Guillaume Deblé

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