Afghanistan : un débat de bonne(s) conscience( s)……

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Afghanistan : un débat  de bonne(s)  conscience( s)……

 

Quelques explications ( -maigres) , du chahut (- excessif) , quelques polémiques et peu d’informations si ce n’est l’annonce de la tenue d’une Conférence Internationale sur l’Afghanistan à Paris à la mi-juin … Le débat  organisé cet  après midi à l’Assemblée Nationale et au Sénat  a surtout permis  aux uns et aux autres de se donner bonne conscience .

- Bonne conscience à l’exécutif qui ne pouvait refuser un débat , même baclé, au moment où il est question d’augmenter  les pouvoirs du Parlement , et surtout après que le Chef de l’Etat ait réservé la primeur de l’ annonce de l’envoi de renforts en Afghanistan aux parlementaires ….britanniques .

         La partie était  particulièrement délicate pour le Premier Ministre : François Fillon avait gaffé dimanche soir sur TF1 en affirmant que François Mitterrand n’avait pas demandé au Parlement de se prononcer au moment de l’engagement de la France dans  la guerre du Golfe en 1991. En réalité les députés avaient été appelés à se prononcer quelques heures avant le déclenchement des opérations militaires . Il  était plus facile pour François Fillon de s’abriter derrière Lionel Jospin qui n’avait pas sollicité le vote du Parlement au moment de l’envoi des premières troupes en Afghanistan en 2001 ….Mais qui aurait  eui l’idée de  contester l’opération à l’époque , après les attentats du World Trade Center ???

         Aujourd’hui  l’émotion est passée , le danger terroriste  loin d’être enrayé . Et les ambitions sont devenues plus modestes :  pour François Fillon,  en envoyant  des renforts en Afghanistan,   il s’agit seulement d’ » amplifier les chances de paix » …Rompez le ban !   Bernard Kouchner  l’a reconnu : c’est une œuvre de longue haleine … Et le ministre des Affaires Etrangères d’évoquer un délai de 40  ans …

 

-Bonne consc ience  aussi à l’opposition qui réclamait un vote sur  ce renfort militaire … Le  Parti Socialiste   refuse «  l’enlisement dans un conflit  sans but et sans fin » , mais surtout il  estime «  que cette décision a peu à voir avec l’Afghanistan et beaucoup avec l’obsession atlantiste du

 Président Sarkozy . » Le président du groupe PS, Jean Marc Ayrault  a enfoncé le clou en  déclarant que  le discours de Westminster avait été vécu » comme une humiliation » par les élus  .. français ..

Et de laisser deviner la couleur … pour la réforme institutionnelle  programmée  pour le mois prochain au Parlement .. Parions qu’en l’état  la gauche votera « non »  …   et que le grand dessein de Nicolas Sarkozy , pouvoir se rendre au Parlement pour s’adresser aux élus , est loin d’être réalisé ..

 

Anita Hausser

       

 

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Mirino 05/04/2008 22:53

A mon avis il ne faut pas prendre l'engagement en Afghanistan trop à la légère.On est aussi un peu désinvolte avec l'utilisation de mot 'atlantisme' qui ne vaut rien dire, même s'il existe.La question ou le principe est quand même assez simple. Comme en Iraq, lorsque un peuple choisirent librement la démocratie et établissent leur gouvernement, c'est un engagement de responsabilité générale. Lorsque un jeune démocratie est en danger, la démocratie est en danger point. C'est pour cette raison évidente que les démocraties du monde ont une responsabilité envers une autre menacée. Car si on n'arrive pas à la défendre ailleurs il n'est pas hors raison de croire que l'on aura du mal à la défendre éventuellement chez nous.J'étais particulièrement navré de constater que la France 'n'était pas là  lorsque le peuple iraqien ont établi leur démocratie.  La France était voyante par son absence d'ailleurs. En considération du rapport entre Chirac et  Saddam Hussein, il était compréhensible que la France ne s'est jamais engagé militairement, mais quand même, de ne pas féliciter un peuple à un tel moment est honteux est mesquin.Et quand Blair voulait lui informer que le problème  s'agissait principalement d'al-Qaeda, Chirac ne voulait rien entendre, préférant la version 'européenne'  qu'il s'agit d'une guerre civile. Il n'y avait jamais une guerre civile en Iraq. Mais une guerre civileveut dire un problème interne provoqué surtout par les anglo-saxons, donc rien à voir avec des autres et surtout pas la France, tandis que une démocratie en danger à cause des insurgés étrangers et al-Qaeda... Là il y a toujours un risque de se salir les mains.Mais voilà. En somme la 'guerre' en Iraq et la guerre en Afghanistan sono les mêmes, les mêmes dangers, la même cause.Si Otan n'arrive pas à sauvegarder la démocratie in Afghanistan. Si le taliban arrive à reprendre le pouvoir, il y aura une réaction jihadiste mondiale. C'est bien cela l'enjeu. Donc il ne s'agit pas de la guerre des Etats Unis. Il ne s'agit du produit 'd'atlantisme'. Il ne s'agit pas non plus d'un acte de 'bon conscience'. C'est bien plus grande que cela. On peut  même dire que c'est primordiale.

Heisserer 05/04/2008 13:51

Envoi de troupes françaises en Afghanistan: des conséquences non-assumées!



 

Par Pascal Heisserer le samedi, avril 5 2008, 11:30 - Lien permanent



Quelle que soit la manière dont on interprète le choix du Président Sarkozy d'envoyer de nouvelles troupes militaires en Afghanistan, on s'aperçoit que les conséquences non pas été pensées.



1) S'il s'agit pour "nos" troupes de faire la guerre aux Talibans et de les mettre hors d'état de nuire (leur pays ou comme supplétif d'Al-Quaïda), il faut alors d'ores et déjà reconnaître que le nombre de militaires supplémentaires (700 français) prévu est dérisoire. Il faudra en envoyer beaucoup plus. Et surtout se préparer à faire un tour au Pakistan qui semble être la véritable base arrière d'Al-Quaïda.



2) S'il s'agit pour "nos" troupes de former une armée afghane capable de se réapproprier la totalité du territoire Afghan (600 000 km2), alors il faut dire que les moyens mis en oeuvre sont insuffisants. 80 000 militaires afghans aujourd'hui, ils seront peut-être 100 000 en 2010/2011 alors dixit les experts qu'il en faudrait au moins 150 000 pour leur permettre d'assurer une présence militaire significative sur ce territoire oh combien hostile. Par conséquent les troupes françaises et étrangères ne vont pas pouvoir passer rapidement le relai à cette armée nationale.



3) S'il s'agit pour "nos" troupes de stabiliser ce pays, de veiller à la bonne utilisation de l'aide internationale - on parle de plus d'un milliard d'euros dont près de 80% seraient détournés - de peser sur les paysans afghans pour qu'ils cessent de cultiver le pavot qui sert à fabriquer l'héroïne ou encore de promouvoir un système culturel et éducatif plus en phase avec nos valeurs (droit des femmes, droit à l'éducation, économie de production), alors il faut dire qu'elles sont parties pour être renouvelées pendant 10 à 20 ans au moins. Est-ce le cas ?



4) S'il s'agit en envoyant nos troupes de renforcer notre place au sein de l'OTAN en soulageant notamment les Canadiens - après avoir perdu 80 hommes ils avaient menacés de se retirer d'Afghanistan - et de recouvrer en totalité notre place au sein du commandement intégré de l'OTAN encore faut-il s'assurer que les Américains acceptent un jour de placer leurs troupes sous autorité française sinon la vieille crainte gaullienne de non-réciprocité (des troupes françaises placées sous commandement américain mais jamais le contraire) va retrouver de son actualité? Est-ce cela la rupture ? Qui veut de l'alignement ?



5) S'il s'agit de faire de l'OTAN le bras armé de la défense européenne commune en lieu et place d'une armée commune européenne il faudrait alors avoir le courage de dire que non seulement la France renonce à toute politique étrangère propre mais qu'en plus elle ne cherche même plus à convaincre ses partenaires européens (notamment britannique avec lequel nous partageons un siège à l'ONU et la possession de l'arme nucléaire, des sous-marins, des porte-avions) de la nécessité de parler d'une voix commune et différente de celles des E-U ? Est-ce cela la raison qui pousse le Président à refuser tout vrai débat au Parlement ? Ou plus signifiant encore l'annonce faite à Londres de l'envoi de nouvelles troupes en Afghanistan peut-il être interprété autrement que comme l'expression de la volonté de la France de se rapprocher de la relation spéciale GB-EU !



6) S'il s'agit de faire un geste pour marquer notre Solidarité avec les Américains, faut-il alors nécessairement épouser les causes de l'Administration Bush surtout quand on sait que les élections de Novembre 2008 risquent de changer passablement la donne internationale? A nouveau on peut se demander pourquoi notre Président s'est précipité ?



Pascal Heisserer